Ecrivain en herbe

le poète et la schizophrène 24

Mohamed voulait sauver Marie, Marie voulait sauver Mohamed. Leur vision opposée finit par les  jeter dans une crise sévère, lui, recherchait la rationalité, le bon sens, la mesure, elle, recherchait l'irrationnel, la demesure.  Ils développèrent, chacun dans un orgueil sans nom, un sadisme pour se détruire. Ce fut au départ des mots, le cynisme verbal, les blessures sémantiques, puis peu à peu les coups, d'une violence extrême. Puis la séparation... Mohamed retrouva la rue, tandis que Marie l'hôpital psychiatrique.

Comment en étaient-ils arrivés là ?

Mohamed, parmi les clochards, ne cessait de pensait à Marie et Marie, parmi les fous, ne cessait de penser à Mohamed.

Six mois après, une femme que Mohamed ne connaissait pas, l'aborda dans la rue et lui confia que Marie était à l'article de la mort. Aussitôt, Mohamed se rendit à l'hôpital psychiatrique. Lorsque Mohamed vit Marie, son coeur se mit à battre. Il versa des larmes en la voyant complétement décharnée, semblable aux peintures d'Egon Schiel. Seuls ses yeux bleus perçants gardaient toute leur beauté, la vie, l'énergie. Marie ne pesait plus que trente kilos, la peau sur les os. Mohamed craignait le pire. Lorsque Mohamed apprit que Marie ne se nourrissait plus depuis trois mois, qu'elle se laissait emporter par la mort, il éprouva un sentiment de culpabilité.

Il réussit à l'extraire de l'hôpital, à  la ramener dans leur appartement, à s'occuper d'elle. Les soins prodigués par Mohamed eurent rapidement  des effets.