Date d'inscription : Le 21/10/2009 à 22:53:02 Dernière connexion : Le 11/03/2010 à 0:07:06 Nombre de nouvelles écrites : 4 Nombres de commentaires écrits : 6
Description
Je suis un Normand de bientôt 28 ans, fan d'écriture, de langues étrangères et de maths.
- Sky Zoo - Catégorie essai - Lu 164 fois - Moyenne des votes : 8.00 (Nombre de vote : 1)
La Terre est un zoo dans l’immensité céleste.
Et l’homme sa propre cage.
12H15. Je sors d’un fast-food. Je marche seul, dans la rue du Gros Horloge. Au fil de mes pas, je me remémore mes années lycée. Cela va faire sept ans que j’en suis sorti. Sept ans, c’est la durée de l’enseignement secondaire. Qu’est-ce qui a changé durant ces sept années ? Tout. Et pourtant pas grand-chose. Alors que je suis assis sur les marches en face de la cathédrale et que le vent de février, glacial et indifférent, me gifle furieusement, je repense à ces années de joyeuse insouciance. Entre deux cours j’allais à la salle de jeux avec Diego et Mathias. Alors qu’ils excellaient dans leur maîtrise du flipper, je me contentais de renvoyer la bille, subissant leurs railleries d’adolescents somme toute normaux. Mais moi ? J’ai toujours été comme un spectateur assis sur la berge, à regarder le fleuve de l’existence sans y prendre part complètement. On dit que l’être humain s’est toujours posé des questions existentielles. Et pourtant j’ai toujours le sentiment d’être seul face à ce mystère insondable que la vie représente à mes yeux.
Aujourd’hui la salle de jeux que nous fréquentions n’existe plus. A la place, une énième parfumerie a ouvert ses portes. Faut-il y voir une obsession du monde moderne, un reflet inexorable d’une société qui privilégie l’apparence, le superficiel, au détriment des valeurs fondamentales ? L’homme ne sait échapper à sa vacuité qu’en la remplaçant par d’autres.
Tremblant sous les assauts du froid, je me lève et reprends ma marche rue du Gros. Je croise une jeune femme et son compagnon. A moins qu’il ne s’agisse d’un simple ami. Ou d’un cousin. Ou de qui que ce soit d’autre. Peu Importe. La phrase qu’elle prononce me surprend. « Tu as de la chance d’être vivant ! » dit-elle à celui qui l’accompagne. Parfois je me dis que seules les femmes savent vraiment apprécier la vie. Moi je ne peux m’y résoudre. L’existence m’apparaît désespérément absurde. Pourquoi sommes nous là ? Tout un chacun ici-bas doit « gagner sa vie ». Et nous nous agitons en tous sens, à fourmiller d’activités diverses sans jamais obtenir de réponse satisfaisante.
Peut-être la réponse est-elle de ne pas se poser de question. Mais j’en suis incapable. Je n’ai jamais accepté les « parce que c’est comme ça » que je recevais en réponse à mes « pourquoi » quand j’étais enfant. « Je pense donc je suis » disait Descartes. Je préfère dire « je suis donc je pense ». Et penser, c’est justement s’interroger, questionner, mettre en doute pour comprendre. J’ai un besoin viscéral de comprendre. Comprendre la vie, ses absurdités, ses contradictions. Ses tourments. Ses moments de joie également.
J’ai l’impression que mes congénères cherchent autre chose. Le plaisir. L’abandon. Abandon qu’ils trouvent dans le sexe, dans la drogue ou dans l’alcool. Ou bien dans le travail. Comme si la conscience de soi était un fardeau impossible à porter.
- Quand le verre se brise... - Catégorie fantastique - Lu 234 fois - Moyenne des votes : 5.00 (Nombre de vote : 1)
Aujourd’hui encore les habitants de Derry se souviennent des terribles événements qui eurent lieu en octobre 1978, bien qu’il y ait fort peu de chance que vous trouviez quelqu’un qui accepte de parler de ce qui s’est passé alors. Car même s’ils s’efforcent de vivre normalement, les gens continuent d’avoir peur, et restent la proie de cauchemars traumatisants. Il est des choses qui vous marquent à vie, et qu’on n’oublie pas si facilement...
Tout avait commencé le vendredi 13 octobre de cette année là, vers 23 heures. Après une journée harassante, John Harrison rentrait de son travail dans sa Ford qu’il gara dans sa cour comme d’habitude. Il était épuisé et ne songeait qu’à une chose : se coucher enfin, et dormir du sommeil du juste. Pas question d’honorer sa femme ce soir là, il n’était vraiment pas en état. Aussi coupa-t-il le contact, avant de ranger la clé dans la poche intérieure de son trench coat et de se diriger d’un pas lourd vers sa demeure, une charmante bicoque acquise quinze ans auparavant, et que lui et sa femme Rachel auraient fini de payer en février de l’année d’après. Etrangement, l’atmosphère lui semblait plus pesante que d’habitude, et même un brin lugubre. Il n’aurait pas été étonné de croiser une chauve-souris ou autre créature nocturne peu sympathique. La nuit était effroyablement noire et silencieuse, et malgré son caractère affirmé, John n’en menait pas large. Il se hâta donc de rejoindre la porte d’entrée. A peine en avait-il franchi le seuil qu’il découvrit un spectacle effroyable. Sa femme Rachel et sa fille Laura gisaient par terre dans une mare de sang frais, des éclats de verre plantés dans les yeux, la carotide et la poitrine, sectionnant l’aorte de chacune des deux victimes. John eut un haut le coeur et détourna les yeux un instant, refusant de croire ce qu’il voyait. Mais il dut rapidement se rendre à l’évidence : la réalité de la mort des deux femmes de sa vie ne faisait aucun doute. Il leva les yeux instinctivement vers la vitre de la seule fenêtre de la pièce : celle-ci était intacte. En outre, il n’y avait aucune trace d’entrée par effraction d’un quelconque criminel supposé.
« Putain, mais qu’est-ce qui s’est passé bordel ? » hurla John. Il se précipita vers Rachel et la prit dans ses bras, puis plaqua son oreille gauche contre le coeur de sa défunte épouse, avec l’espoir illusoire que peut-être la vie n’avait pas quitté le corps de celle qui partageait son existence depuis si longtemps...Hélas, il n’y avait plus rien à faire. John, désemparé, se dirigea vers la chambre à coucher, les yeux rougis par les larmes et l’esprit comme anesthésié. Il s’effondra sur le lit conjugal, et prit sa tête entre ses mains avant de hurler comme un fou pendant un temps interminable. Quand enfin ses cris de fureur et de désespoir cessèrent, il baissa la tête et croisa ses bras contre son torse. C’est alors qu’il se rendit compte que le grand vase en verre qu’il avait offert à Rachel pour son anniversaire le mois précédent était brisé en morceaux. L’objet, qui devait atteindre initialement une hauteur d’un mètre environ, était désormais réduit en miettes. Mais le plus surprenant était que les quelques bris de verre qui s’amoncelaient sur la moquette semblaient bouger. John crut d’abord avoir des hallucinations ou être en train de rêver, aussi se pinça-t-il pour s’assurer de la réalité de ce qu’il vivait, avant d’aller dans la salle de bain se passer de l’eau froide sur le visage. Tout en s’essuyant avec la serviette en éponge beige qui était posée à côté de la cabine de douche, il se regarda dans le miroir. Son reflet lui semblait étrange, déformé, et le miroir commença à se fissurer, d’abord en son milieu, puis sur les bords avant de voler en éclats. Ceux-ci se figèrent dans l’air avant de se rassembler et de diriger leur extrémité la plus acérée vers le visage du désormais veuf John Harrison. Celui-ci blêmit avant de reculer précipitamment et de courir hors de la salle de bain en claquant la porte de la pièce, contre laquelle il s’adossa, haletant, s’efforçant de reprendre son souffle. Il entendit très nettement les bouts de verre s’enfoncer avec violence dans le bois de la porte. Celle-ci gémit, et John se mit à hurler de douleur lorsqu’il sentit quelque chose s’enfoncer dans sa nuque, son coccyx et ses cuisses. En moins de dix secondes, il se trouva empalé par un grand morceau de verre qui sortait de sa bouche grande ouverte pendant que d’autres pénétraient dans sa boîte crânienne avant de se loger dans son cerveau. Au terme d’une agonie atroce, il mourut avec une expression de terreur sur le visage, un sang poisseux s’écoulant de ses yeux exorbités.
Le lendemain, les policiers du comté de Derry, qui avaient été appelés par les voisins alertés par les hurlements inhumains en provenance de la maison de la famille Harrison, découvrirent les cadavres en décomposition de ses trois membres, ceux de Rachel et de la petite Laura dans l’entrée, et celui de John contre la porte de la salle de bain. Ceux-ci semblaient avoir subi d’innombrables coupures et entailles parfois très profondes sans qu’aucun objet tranchant ne soit retrouvé sur les lieux ni qu’aucun indice ne pût être relevé.
Dans les jours qui suivirent, une dizaine d’autres corps présentant des caractéristiques similaires furent découverts dans d’autres quartiers de la ville, sans la moindre explication. Le dernier cadavre retrouvé, celui d’un vieil homme vivant seul à quelques pâtés de maisons de l’habitation des Harrison, fut identifié le 31 octobre, date à laquelle ces décès incompréhensibles prirent fin. En proie à la plus profonde perplexité, les enquêteurs durent se résoudre à classer l’affaire sans avoir jamais pu résoudre l’énigme de ces morts insensées. Aujourd’hui encore, plus de trente ans après ces mystérieux événements, l’ombre de la mort plane sur Derry.
- Damnation - Catégorie poesie - Lu 171 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
Mon âme a comme un noeud serré autour du cou
Elle est à l'agonie et hurle sa douleur
Vibrante et ténébreuse, emplie de solitude
Elle ne peut que souffrir, quand d'autres chantent et dansent
Condamnée dès l'enfance au plus grand désespoir
Sa pâleur maladive diffuse son mal être
Tel un défunt soleil sans coeur à réchauffer
Elle déploie sa tristesse comme des ailes brisées
Un océan de larmes baigne son coeur si sombre
La joie s'y est noyée sans pouvoir s'épanouir
La lumière de l'amour n'a pas pu l'éclairer
Elle est née par erreur dans un monde insensé.