Date d'inscription : Le 11/07/2009 à 21:09:02 Dernière connexion : Le 09/07/2010 à 18:27:36 Nombre de nouvelles écrites : 8 Nombres de commentaires écrits : 17
Description
Crapaud lié à l'absurde de la vie. Crapaud des neiges, du froid & du vent. Oui crapaud qui souffle de ses petits poumons sur vos cœur. Bon, certes, ça reste anodin pour vous en général. Crapaud voudrait volé plus haut que ses rêves. Crapaud qui squatte la marre d'un autre monde. Crapaud blessé par vos rictus. Crapaud qui crôasse pas mal de conneries. Crapaud a pour vitale Hermès. Crapaud qui ne sait pas nager & qui se noie donc dans ses pauvres songes. Crapaud Rock Star. Crapaud veut y croire, encore & encore. Crapaud a phobie de tout ce qui l'entour. Crapaud bien capricieux, mais tellement crapaudissant.
- Aviser le rêve - Catégorie Triste - Lu 338 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
«L'homme au courage de fer hissa la belle jeune fille sur son cheval noble. Et, dans un élan adroit, le chevalier emmena sa princesse, loin, très loin, jusqu'à la mer. On ne les revit jamais.
Fin.»
La fillette souffla bruyamment exprimant son mépris. Comme si la vie était aussi... parfaite ? Non, sûrement pas.
« Houna » appela son grand père de la cuisine.
C'était les vacances, celles d'été. Houna était alors âgée de neuf années.
Et la fillette à la chevelure de miel disparut dans le couloir, abandonnant la bibliothèque et ses écrits pesants pour...
« J'ai fait des crêpes. Choco ou sucre? » proposa le vieillard.
« Euh... Une choco et une au sucre s'il te plait papi Socrate» demanda Houna avec des yeux larmoyants, ce qui fit rire le vieil homme.
Qu'est-ce qu'elle l'appréciait son papi Socrate. La fillette séjournait toujours chez lui durant les vacances. Parce qu'avec les anecdotes de jeunesse du grand-père, la petite oubliait... Tout.
À vrai dire, ce n'était pas la joie à la maison, même pour une enfant de neuf ans.
(...)
« Comment elle était Mamie ? »
Le grand-père sourit.
Ils étaient deux, faces à une tombe fleurie. Pourquoi y a-t-il des fleurs sur la dalle des tombes ?
Honorer ses habitants et raviver le monotone des lieux.
Le grand-père Socrate raconta les douze bougies de sa fille, ou « maman » pour Houna. Le vieillard souriait de son sourire si précieux. La fillette, attentive, captait le moindre détail. Il est vrai que « papi » retraçait bien les histoires, c'est normal, il était journaliste, désormais retraité.
« Papi Socrate » se faisait vieux.
(...)
Houna scrutait l'immensité de l'horizon, sans raison propre. Elle traversait le champ jauni par le dernier rayon ardent du soleil. Non pas en courant comme à son habitude.
Enfin, c'était autrefois.
Dix ans, dix longues et pénibles années qu'elle n'avait pas revu la campagne de son enfance. Elle avait oublié le parfum floral des champs –rosis à l'été- et cette maisonnette, la chaumière de ses vacances. Houna n'était plus une fillette. La gamine d'antan avait belle et bien disparu, enfoui sous l'orgueil. Ses cheveux avaient gardé leur teinte miel et on se perdrait bien dans son regard.
Sinon, Houna était devenu très superficielle.
Ses parents avaient fini par se séparaient. La peine lui gonflait le cœur. Alors elle voulut tout recommencer du début. Abandonné sa famille, son grand-père Socrate s'il le faut.
Le bonheur nous fait courir à travers le vaste champ qu'est la vie.
Elle avait opté pour l'autonomie et l'internat. Elle ne voulait plus jamais les revoir, eux, ses parents. Elle s'est éloignée de chez elle pour ne plus jamais revenir sur ses pas.
Et « papi Socrate » ?
Son sourire s'est fait la belle au coin du champ. Son sourire a rejoint d'autres lèvres moins rêches.
Le pauvre en est mort.
(...)
La tombe était désormais abandonnée et la mauvaise herbe avait remplacé les roses. Houna sortit une cigarette pour la consumer, ici, fasse à lui.
« Papi »
Ses mots étaient sortis tout seul entre deux bouffés.
Elle ne pleurait pas, son maquillage ne coulera jamais, elle se l'était jurer.
Ses bons souvenirs lui revinrent en tête. Elle souriait. Le même sourire que son « papi Socrate »...
Mais après tout, il avait rejoint sa bien aimé de toujours, « mamie ».
« La mort doit être un beau voyage puisque personne n'en est jamais revenu »
Le grand-père répétait toujours ça à sa Houna, pour qu'elle ne soit pas triste pour la grand-mère.
Houna sourit à nouveau.
La jeune femme jeta le mégot de cigarette au loin. Et une autre vient la remplacer.
« Toi, t'es comme la vie, longue et dégueulasse » monologua Houna.
La cigarette ne répondit pas, alors elle se consuma.
« Et si je me retrouvais sous la dalle et la croix dans le dos ?»
La fille aux cheveux dorés s'entendit de tout son long au-devant de la tombe, au milieu du funeste lieu.
Il faisait déjà nuit, le sommeil l'avala.
(...)
Elle rêvait.
Elle rêvait de bonheur. Elle rêvait d'un amour éternel. Elle rêvait d'une belle famille. Elle rêvait d'enfant. Elle rêvait de journalisme. Elle rêvait de demain. Un rêve tumultueux comme la mer, un rêve hanté comme ce cimetière, un rêve doucereux comme ses souvenirs, un rêve vaporeux comme les nuages.
Son erreur était peut-être de rêver sa vie et de ne point la vivre comme un rêve.
- Tartuffe - Catégorie contemporain - Lu 251 fois - Moyenne des votes : 4.00 (Nombre de vote : 1)
« Notre cœur est un trésor, videz-le d'un coup, vous êtes ruinés. » (Balzac)
Et si, notre Tartuffe fut un bonhomme, cœur à la main, prêt à l’offrir, encore pompeux de liquide sanguin. Un homme au regard plein de tendresse, croyant dur comme fer que c’était ça le bonheur, être généreux, subir les mesquineries de l’humain, & éternellement sourire tendu aux lèvres. Non, pas l’un de ces sourires faux & hypocrite, mais un sourire dû à une transformation chimique, évaporation de la solution aqueuse d’Amour (notée Am(aq)). Et peut-être s’est-on trop raillé de cette âme-là, et que Tartuffe devint moins attendri devant le malheur des autres, par pure jalousie, d’être celui auquel on ne se soucie guère. Peut-être notre pauvre Tartuffe fut atteint par ce syndrome, mélodramatique, vie du désespoir. Comme quoi, rien n’est éternel, l’éphémère c’est beau comme mot, mais c’est moche. Et pourtant, il a bien le cœur creux aujourd’hui, et il cherche à le remplir –comme il peut, certes-. Et ainsi, l’hypocrisie, pris le dessus. Égoïste de son propre être, voulant conserver le peu qu’il lui restait. Un peu trop seul parmi les autres, on meurt chaque seconde un peu plus. On s'aime avec plus ou moins de passion. On ferme les yeux, le temps d'un instant, creuser le vide en son être fragile, mémoire d'un passé vif & piquant, pour continuer à sillonner le chemin vital. Finir par pleurer pour trois fois rien, accumuler les petits chagrins. & ça le vexe tout cela voyez-vous. On se perd, on se noie même, dans la solitude, on a mal à la tête, mais c'est psychologique. On sourit à la vie. Avec encore la larme à l'oeil de l'instant d'avant, certes, mais le sourire est ravageur. Vous l'avez tué avec, petit rictus de la mort.
Et c’est à ce tournant, que Tartuffe hocha la tête. Hypocrite : être aimé, sans rien aimer. Recevoir, sans offrir. Il a trop donné, il a ce besoin vital de recevoir. « Alors tiens », lui dit le naïf Orgon. Il ne refusa pas, Tartuffe est désormais hypocrite. Mais on pardonne notre pauvre Tartuffe, parce qu’il ne saura jamais aimer ni apprécier quoique ce soit, et vivra éternellement dans l’illusion d’être heureux.
C'est étrange cette sensation. Autant de mal que de bien. Les yeux brûlant éternellement, le rire piqué, Il ne sera jamais ce qu’il veut être. Je ne saurais jamais, non plus.
- Au revoir - Catégorie triste - Lu 322 fois - Moyenne des votes : 3.00 (Nombre de vote : 1)
Le couteau tombe, il s'est évadé de la prison de ses mains qui ne réagissent plus vraiment. Elle a son cœur émietté comme les feuilles craquelées à l'automne, coincé entre deux gros poumons qui enflent, les muscles se tirent & se déchirent. Sa cage thoracique se soulève, lentement, le creux de ses os pointent & traversent sa poitrine, embarquant les organes dans ce mouvement. Le dernier mouvement de son pauvre corps qui ne suit plus l'esprit trop vagabond. La dernière fois que son organe trop fragile s'étend de son long, plein de crampes & de souffrances. Le dernier tiraillement de son être. Le dernier...
Un filet aqueux vermeille trace son chemin sinueux le long de son bras, & fini par sortir de son lit entre deux veines pulpeuses. Le sang gicle, le sang s'écoule jusqu'au creux de sa main, ses poings se serrent, les gouttes s'écrasent & fouettent le carrelage froid. Ses jambes sont hésitantes. Elle tombe à genoux, la plaie s'écarte contre le sol, ça brûle. Ses avant-bras n'ont plus de force, ils vacillent, & finissent par s'écrouler sous le poids de son corps contracté. Oui, elle est tendue, allongé au sol, quelques unes de ses jolies boucles se sont accrochées à ses joues plus tellement roses, fixées par la colle de ses sanglots salés. Sa main droite d'habitude si habille, est atteinte d'une vilaine paralysie. Mais pourtant il faut continuer jusqu'au bout maintenant. Elle ne regrette pas, au contraire...
Un petit rictus tend pour la dernière fois ses lèvres incolores, rictus de la satisfaction. Elle ne s'est jamais senti aussi légère, le bien être n'est qu'à quelques secondes. Elle force sur ses membres vacillants, rampe jusqu'au couteau. La lame l'appelle & l'attire. Dans un dernier élan, sa main droite serre le bois qui enrobe la lame, elle la serre fort contre son cœur, comme pour en chasser son âme. «Allez, envolez-vous débris de moi...» murmure-t-elle. Elle tend son bras gauche, déjà bien amoché. Elle frissonne au contact de la plaie entre ouverte avec l'arme, cette union presque inceste aux yeux des autres, mais le couteau en meurt d'envie, de rentrer en la plaie, une dernière fois... La lame veut du plaisir, elle s'égare un peu plus loin que d'habitude, se fraye un chemin dans la chair. Les ombres l'appellent tout bas vers cet autre monde. Seule contre tous les gens heureux.
Son poing se déserre, le couteau glisse, & se loge dans le creux de son ombre. Elle est étendue, sur le carrelage glacé, son corps ne réagit plus, son bras nage dans une marre rouge. Inerte dans ce monde qui n'est plus le sien. Son cœur usé lâche & s'endort comme les feuilles à l'hiver qui ne sont plus que des épaves. Cet hiver là est éternel. Ses émois s'évaporent avec la mort, délivrés de leur poids, ils sont voyous de l'Amour, rien de plus. Nous sommes ici pour croire; elle n'y crois plus.
- Le Moment Lacté - Catégorie essai - Lu 237 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
Mais sourit Cendrillon, la vie s'acharne à te montrer ses dents jaunies, fait de même, au moins une fois dans ta vie, tends-moi ce muscle buccal inutile... Mais au final, tu es là, les membres écrasés contre les parois froides de ta baignoire, qui te tiennent tes bras dénudés, le tissu de ton jean frotte et s'imbibe d'eau, le pommeau crache la bouche grande ouverte son liquide froid qui au contact de ton corps, ne se réanime même pas d'un quelconque frisson. Tu reste là, immobile, le regard dans le vague, ce vide sans fin.
La nuit est tombée derrière ta petite fenêtre, tu ne l'a même pas remarqué. Il fait si sombre dans la pièce pourtant, seul les larmes qui perlent à tes yeux apportent une étincelle au noir. Tu ne parles pas, tu n`es pas folle, pas au point de te parler à toi-même, mais les gouttes qui se heurtent à toi dans un bruit étouffé te supplient de ne pas aller plus loin et de tourner ce fichu robinet.
Trop tard, l'eau déborde en filet sur le carrelage. Et toi Cendrillon, tu t'enfonces, le liquide te chatouille le cou, tes pieds nus et froissés dépassent à l'autre bout de la baignoire. Les gouttelettes s'amusent à rouler sur eux. Tu ne joues pas, tu ne joues plus. Tu t'enfonces, tu coules et tu te noies. Ta respiration se crispe. Tu es restée un peu trop longtemps sous l'eau.
C'est la noyade assurée, qui engloutit le cœur, tel un navire qui chavire dans les tempêtes de l'éternel.
Tu te noies dans le vaste océan qu'est la vie. Comme notre petite Cendrillon, qui n'en peut plus de ne plus pouvoir. Car c'est vrai, on meurt chaque seconde un peu plus. On s'aime avec plus ou moins de passion. On ferme les yeux, le temps d'un instant, creuser le vide en son être fragile, mémoire d'un passé vif et piquant, pour continuer à sillonner le chemin vital. Finir par pleurer pour trois fois rien, accumuler les petits chagrins. Et ça me vexe tout cela vois-tu. On se perd, on se noie même, dans la solitude, on a mal à la tête, mais c'est psychologique. On sourit à la vie. Avec encore la larme à l'oeil de l'instant d'avant, certes, mais le sourire est ravageur. Vous m'avez tué avec, petit rictus de la mort.
C'est étrange cette sensation. Autant de mal que de bien. Les yeux brûlants éternellement, le rire piqué, Je ne serais jamais ce que je veux être. Je ne saurais jamais.
- Page du 23.10.09 - Catégorie Autobiographie - Lu 244 fois - Moyenne des votes : 4.50 (Nombre de vote : 2)
« Je n’ai jamais eut autant le mal en moi-même. Il s’était incrusté jusqu’à la moelle de mes os, les rongeant pour que mon corps vacille éternellement, pour que je ne tienne plus debout. J’avais le cœur éclaté, les rêves projetés dans ma cage thoracique, sanglants de cette fusillade interne. Ça paraissait si creux en moi, et probablement que les seuls organes qui avaient survécu aux flammes de la mort étaient mes poumons. Je les sentais en moi, énormes, prêts à lâcher eux aussi, pour laisser jaillir la noirceur du goudron des fumeurs. Il ne restait plus rien, pas une miette de vie dans ce cadavre, pas même une lueur d’espoir. Il semblait si lointain le soleil, des décombres épars le remplaçaient désormais.
Et je priais la nuit, d’être mon propre assassin. La dépouille inerte était dans la baignoire, les cheveux collés sur les joues rougies par mes crises. En quelques heures, j’étais devenue zombie, le mal qui sommeillait en moi s’était éveillé, il avait tout bousculé mes émois, m’avait fait vomir des flots de souvenirs honteux, cachés au plus profond de mon être. En quelques heures et mille et un sanglots, j’étais l’épave de mon ancien bonheur, épave qui pleurait encore. Je faisais face aux armes du crime, il fallait que je sois mon propre assassin, celui d’une seule nuit. Le bonheur, pauvre mot, un compas allait me sauver, les ciseaux me tiendraient en vie. Je vais oublier que j’ai perdu, encore.
Je voulais le bien, mais le mal m’avait piégé. Le sang fit réapparaître les souvenirs pleins de terreurs d’une année d’existence. Je posais les armes, écorchais mes phalanges pour en dépouiller les rêves qui s’y étaient accrochés. « Envolez-vous donc, pauvres rêves ! ». Et ils s’accrochèrent des ailes de papier dans leurs dos courbés et s’en allèrent, loin, très loin, pour fabriquer un nid de songes sur les doigts d’un autre.
Assise dans le creux des autres, assise pour qu’on m’oublie. Il n’y avait plus d’amour dans ce cadavre qu’était le mien. C’était le vide, le néant d’un jour de neige. Je ne voulais plus avancer, je voulais rester là, inerte, mon cœur blessé comme unique compagnon, « à la vie, à la mort petit Cœur, je te l’avais promis. ».
Allez-y, jetez-moi donc vos pierres tranchantes, vos mots d’horreurs et vos soupirs glacés. Plus rien ne peut briser un cœur de glace. Je trébuche et m’endors, pourvu qu’on ne me réveille jamais. »
- Elvire et son cœur de miettes - Catégorie sentimentale - Lu 157 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
Je marche, je marche, le long des chemins de Sicile, avec leurs brûlants cailloux, le soleil encore bouillant qui caresse les mers de l’éternité. Je marche, et tu n’es plus là. Et je reste ici, muette comme une pierre tombale, portant le deuil d’une pauvre veuve, veuve de cœur qui n’en peut plus de cette trahison. Tu es bien loin Don Juan, bien trop loin de moi. Peut-être as-tu trouvé un doux sommeil sous un olivier, contre son tronc encore tiède, ou bien cours-tu encore derrière de nouveaux appas pleins de beauté. Oh Don Juan, à quoi joues-tu ?
Je suis Elvire, et je marche, dans le silence, l’obscurité naissante prend mon cœur en otage, un cœur arraché, oh mon dieu qu’à tu fais Don Juan... Et je continue à espérer, en secret, la nuit, attendant ce baiser, qui ne viendra jamais. J’ai pensé avec naïveté que tu reviendrais et j’ai laissé coulé trop d’émois.
Oh mon amour, j’ai pensé, avec naïveté, que la pureté de nos sentiments n’était point songes, que le bonheur était là, face à moi, et non une illusion qui cisaille mes pensées. Don Juan, rends-moi donc mon cœur que ton corps a rejeté, rends-le, s’il te plait, je me mettrai –encore une fois- à tes genoux s’il le faut. Au nom de la passion, libère cette âme enchaînée à tes lèvres.
Je ne suis qu'un corps. Dépourvue de tout, dépourvue de toi. Je ne suis qu'une âme, libre, vagabond de la Nuit, voyou entre les cages de mes émotions. Sentiments qui me rendent fou. À sangloter sur de jolies choses passées. Je suis l'amertume et ta mélancolie. Je suis un vague souvenir, flou en toi. Mais qui suis-je ? Jouons, comme si de rien n'était, tu as arraché la page, celle que moi j'ai dû mal à tourner, le papier fuit mes doigts. Je ne comprends pas. Même la vérité est virtuelle. Ce poison que je m'injecte en moi, en m'évadant par-delà mes songes. À vivre la nuit et sommeiller le jour. La vérité est faite pour être caché, la vérité n'est pas faite pour moi. Je confonds les illusions et le vrai. Je déteste tout ce qui est réel. Je hais tout ce qui ne sonne pas avec Rêve en fait. Mais je veux vivre, concrètement le Bonheur.
Et mes sanglots ont effacé mon bonheur, celui que toi – grand seigneur méchant homme – gaspille avec avarice. Je m’explose le cœur, cela t’est égal, le tien reste dans sa boîte à malice. Mais quand compte-tu l’exposer aux rayons fiévreux du soleil ? Ton pauvre membre desséché se meurt à petit feu, à vrai dire, il ne bat pas pour grande chose, il crie la passion qu’il voudrait, celle qu’il ne sentira jamais couler entre ses artères mais tu préfères le tenir à l’écart, dissimulé au fond de ta cage thoracique. Il ne sera jamais aussi pompeux et vermeil que le mien. Et ton cœur s’éteindra de jalousie, lui qui rêvait de gros chagrins, de ceux qui caractérisent
Et j’accuse Molière, qui n’a pas su, avec ses quelques vers, te rappeler. Et j’ai avalé le poison, pour en être infectée dans les moindres détails.
- La Chevelure Revisitée - Catégorie poesie - Lu 157 fois - Moyenne des votes : 6.00 (Nombre de vote : 1)
Épaisse et vaste, je m’y aventure par moment, comme si je m’avançais dans une sauvage forêt, où les lianes tourbillonnent contre les feuillus. Elles seraient tes boucles volatiles, celles qui chaque jour virevoltent au gré des vents.
Car il est vrai que parfois elles en font un peu qu’à leur tête et s’entendent de toute leur longueur telle la mouette errante. Tu renfermes en ta crinière tout un monde vagabond et insolite, un océan farouche voir illicite. Peut-être même que Victor Hugo y aurait pu trouver la noyade. Chaque mèche donne le mal de mer, la houle est bien trop forte, tu ne luttes plus contre. Les cheveux ont la raison sur toi.
Il s’agit d’un Univers caché par ses portes d’ébène, un lieu touffu et enraciné en ton esprit. Et jamais tu ne la quittes, par amour, la chevelure te fait tourner la tête, tourbillon de sensations.
Et dans la toison se mêlent milles odeurs. Le tabac froid des nuages écrus de 10h, le café noir et grain de sucre. Épars, parfois les parfums s’envolent, puis reviennent, hanter ta chevelure.
Et chaque matin, tu domptes cette chevelure, bien trop lourde, les boucles pendent, inertes. Avec lassitude, elle se défend, et, comme à chaque fois, gagne la bataille que tu lui mènes durement. Car jamais la chevelure ne se laissera faire, tu la voudrais docile, là est ton grand désespoir.
(inspiration : Ch Baudelaire, "Un hémisphère dans une chevelure")
- La Rupture - Catégorie Sentimentale - Lu 128 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
J’ai voulu colorier la vie, la faire rougir et flamboyer, tapisser son sol de végétations farouches, et lui faire prendre la teinte bleue azur des cieux. Je rêvais un peu trop, rêve d’océan, rêve de pureté. Mais trop tard, le venin est en mes veines, il ne reste que du poison.
« Chère vie, m’en veux-tu ? Je voulais juste que tu sois belle avec ton joli dégradé de couleurs, je ne voulais pas te gaspiller, loin de là. Le mal est fait. J’ai le mal de vivre, déjà. Et je sais que chaque jour je salis un peu plus cette palette d’émotions que tu m’offres. C’est plus fort que moi, une de mes nombreuses addictions, qui sait ?
Je sais bien, le venin me fait sourire, alors que toi, tu ne le peux plus. Il y a trop de couches de peinture sur ta toile, trop de couleurs, qui mélangées, forment un brouhaha grisonnant. Je suis désolée, sincèrement. Tu n’es pas mon bonheur, il me faut plus, tu sais. Il me faut faire valser et rêver.
Nos deux corps se démêlent, peu à peu on s’éloigne. Rien ne sert de faire semblant, plus rien ne nous retient. C’est comme une vieille histoire d’amour, tu me fais souffrir et je finis par te remplacer. Et toi, chère vie, tu restes là, immobile. Moi aussi tu sais, je regrette, de ne pas t’avoir protégé. Mais je t’en veux aussi parfois le soir, de m’avoir mise à l’écart. Nous nous étions vitales, plus maintenant.
Alors autant vivre sous perfusion fatale, la condition du bonheur. Je t’aimais bien petite vie, mais les choses semblent irréparables. Ne nous fâchons pas, voyons ! Nous sommes amis, infidèles mais honnêtes. »
Les mots, eux-mêmes, souffrent de cette rupture, cette brèche dans l’existence. Vivre sans vie, un comble, dirons-nous. À bas la pureté, je peux très bien vivre sans elle.
J’ai laissé les cachets sur la table, trônant sur le bois estompé et quelque peu martyr de son pauvre rôle. Promis, je reviendrais les chercher, dès que la nuit tombe et que mon cœur flambe.