Date d'inscription : Le 05/12/2009 à 13:07:08 Dernière connexion : Le 29/08/2010 à 15:43:22 Nombre de nouvelles écrites : 7 Nombres de commentaires écrits : 0
Description
Laura Gaetane Amélie, pas assez grande pour vivre mais assez inspirée pour écrire. Passionnée de tous les genres de musique, pense être incomprise, collègienne à Meaux, se pose beaucoup trop de questions, musicienne (deux mois de guitare folk).
- Salement romantique - Catégorie essai - Lu 198 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
Il me prit par les hanches, les mains chaudes et salies par la cigarette qu'il tenait entre ses doigts. Il faisait noir dans l'étroite ruelle parisienne, on le voyait à peine. Il soufflait sur ma joue fraiche. La lune planait au dessus de nos deux corps en totale harmonie; moi la fille de dernière année et lui le petit ouvrier de chantier. Sa casquette laissait apercevoir de grosses boucles brunes. Il resserra son emprise au niveau de ma taille, m'embrassa follement le visage jusqu'à que ses lèvres rencontrent les miennes. Alors son eau de Cologne et mon parfum écœurant de petite fille aux joues rosées s'entremêlèrent. J'étais plutôt Beatles fleurs bleues, lui Sex Pistols. Me lâchant il s'assit par terre près d'une bouche d'égouts. Il était laid avec son vieux caban et son jeans taché. Sa main effleura un rat avec la même tendresse que celle avec laquelle il avait pris soin de me caresser la joue. Je relevai un moment la tête de mes bottines à lacets. Je ressentais comme un dégout en le détaillant... Comme si le fait de le regarder trop longtemps le mettait à nu et lui enlevait tout son charme .
- Nuit - Catégorie essai - Lu 188 fois - Moyenne des votes : 5.00 (Nombre de vote : 1)
Mes plus beaux cauchemars, c'est vous...
Quatre heures du matin; je suis dans ton esprit, je te hante… Dix minutes plus tard, tu te lèves comme si tu étais lassé de ce foutu mal de tête. Tu sens encore ma présence pourtant je suis loin. Ouvre le robinet, te mouilles et remouilles le visage puis sors de la salle de bain. Je suis partout… Tu te rends dans la cuisine, regarde longuement le réfrigérateur, tu l’ouvres, observes. Je ne suis pas là. Tu essais de te rappeler l’odeur de mon écœurant parfum à la violette. En vain. Tu ne trouve qu’une vague odeur de cuisses de poulets achetés au fast-food du coin. D’un coup tu paniques car tu prends conscience que demain tu auras des cernes sous les yeux car je suis là; dans un coin de ton esprit tordu. Quatre heures moins le quart, tu décides de regarder la télévision. Mais le son ne te parvient pas, il n’y que ma voix qui te murmure de jolis mots. Tes yeux te piquent et tes membres s’engourdissement peu à peu, je ne suis décidemment pas prête à te lâcher. « Regarde moi, regarde moi ! » Tu ne captes même plus l’image, ma miniature vacille au plus profond de ton iris. Tu fermes tes paupières mais rien n’y fait. Je suis toujours là. Je te dirige jusqu’à la fenêtre où delà on voit la Tour Eiffel. Tu penches vers l’avant puis reviens en arrière. Mais il est trop tard, mon désir est trop fort. Je veux te voir faire quelque chose de vraiment idiot. « Saute… » Je n’arrive plus à lire l’heure sur la pendule, à environ cinq heures tu es mort.
- DAYMARE - Catégorie essai - Lu 186 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
J’étais assise à ma place, c’est-à-dire deuxième rangée au milieu, au centre de toutes les attentions. Cela n’avait pas changer les gens me dévissaient, enfin pas vraiment moi. Je n’était pas belle mais c’était tout comme car j’avais toujours un look d’enfer. J’écoutais le cours de français, sans complexe, la tête droite. J’étais contente d’être arriver à l’heure ce matin car le réveil avait été un peu dure, j’avais sauté hors du lit. Le petit déjeuner avait été rude, la chute d’eau que je déversais d’habitude sur moi comme douche était passée à une goutte… Au fait, comment m’étais-je habillée ? Du moins, je sentais mes spartiates me serrées, chacun de leurs lacets dissimulaient mes cicatrices, mes affreuses cicatrices… dues à mes mutilations quotidiennes. Chaque jour ou plutôt chaque nuit depuis qu’il m’avait quitté, je m’amusait à me faire mal autre part qu’au cœur où lui m’avait fait mal. Je m’aventurai à les desserrer pour me soulager. Je tendis mes mains sous ma table, je sentis mes pieds nuls; je remontai un peu plus. Mes jambes étaient dénudées et mes doigts glissaient, traçaient les croutes de chaque coups de couteau. Puis avec empressement, je voulus descendre la supposée jupe que j’avais mis jusqu’à mes genoux. Rien, aucuns bouts de tissus. Enfin une pensée autre que vestimentaire me vint, mes camarades avaient-ils remarqué mon oubli de vêtements ? Mes yeux hésitants regardèrent à droite puis à gauche. Le professeur me fixait, pas étonnant. Toute la classe me fixait. Sans réfléchir, je levais la main, pour demander à sortir. Dans cet acte je laissai entrevoir amplement mon corps déjà bien exposé. Cela fit rigoler toute la salle et siffler des garçons enthousiasmés . Je baissai la main et courut dans le couloir avec mon sac à main sur mes parties génitales. Arriver aux toilettes, je m’enfermai dans une cabine. Je ne voulais pas sortir, de toutes les façons je n’étais pas une grande perte pour l’humanité. Dans un millions d’années on trouverait mon squelette sans une décomposition de matières autre que de la peau. Ils seront choqués et ma photo viendrait s’ajouter à la lettre « n », au mot nudiste dans le dictionnaire. Enfer et damnation…
- Servi - Catégorie Historique - Lu 162 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
Assise à un café, d’effrayantes pensées que je ne peux oublier, déferlent en vrac dans mes souvenirs. Ma cigarette à la main, je me rappelle avec forte émotion les champs de cannes, la case du maître… Ce Monsieur Léon, ce grand monsieur… Grand à mes yeux et à ceux de tous les autres esclaves. Je me souviens encore chaque coup de fouet que l’on m’a donné. De nombreuses lois. Une seule règle déchue, celle d’avoir aimé. Avoir chéri l’être défendu, le contraire du noir, son supérieur. Etre rentrée dans sa demeure, quelques heures avoir eu le rôle pour une fois de maîtresse. Puis on m’a emmené, j’ai avoué et il a avoué, tout deux salis de notre côté. Lui rejeté par l’aristocratie de l’époque, moi par ma famille. Sa femme l’a quitté et en a épousée un encore plus riche. Alors nous deux sommes restés ensemble. Tout d’abord en nous cachant à la vue des autres puis en ayant assez de vivre dans de pareilles conditions, nous avons décidé de retourner dans les quartiers, les beaux quartiers où nous n’allions jamais. Nous avons refait surface du côté luxueux et doré du peuple. Toujours ensemble, à deux, main dans la main. Certains en restaient violement choqué, d’autres tout autant retournés ne disaient rien. Une famille blanche très riche, elle, nous a pris sous son aile. Nous a aidé à monter encore plus haut; nous avons même côtoyé l’empereur. Seulement un jour, Marc m’a quitté, il aimait les femmes et il était fait pour ce monde grotesque qui n’est fait qu’en dorure artificielle. Malgré cela, j’ai continué à fréquenter les De Gay, cette famille noble, ils sont devenus mes seuls amis. Ils m’épaulaient pourtant je me sentais terriblement seule. Je n’avais plus de famille, plus de mari et n‘avait jamais eu d‘enfant. Je décidai de me poser quelques années, faire un point sur mon parcours. Ma vie avait changé seulement elle n’avait évolué que pour moi et non pour les nombreux esclaves qui eux se battaient encore pour être libres. Je choisis avec l’aide de ma place sociale dans la bourgeoisie que m’offrait le fait d’être l’ex-femme de M. Longchamp Marc, de créer une association et de combattre l’esclavage. Je mis tout mon cœur à cette lutte acharnée. Faisant des allers-retours entre la Guadeloupe, mon île natale, et la métropole. Une autre femme se joignit à moi Blandine Rocher, artiste peintre qui choqua avec ses œuvres mettant en scène esclaves et maître. Nous sillonnions l’Europe, dénonçant sur les places publiques et aux portes des palais la pratique esclavagiste. En 1848, nous avions gagné le combat mais ce n’avait pas été de tout repos. Enfin, quand je repense à Marc, aux De Gay et à Blandine… Quand je prends le temps de me souvenir de tout cela, mon cœur se serre et je prends enfin conscience de l’ampleur des choses. Nous naissons enfants, aveugles, des paillettes dans les yeux puis nous grandissons et le charme s’estompe.
- Le Mec - Catégorie Essai - Lu 185 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
Si j’étais un garçon, J’aurais les yeux d’un brun sombre qui ferait tourner la tête de toutes les filles. J’arpenterais les rues sûres du mauvais garçon que je serais. Tous les jours j’arriverais au collège entouré de nanas, Une à mes dix bras. En rejetant toujours avec dédain la moins belle. Sans gène, je m’occuperais plus de mon gel volume plus et de mes Ray Ban que de ma copine. J’oublierais deux ou trois rendez-vous rien que pour la mettre en pétard. À force elle en aurait vraiment marre, alors elle déciderait de me larguer. Mais je casserais avant elle par un vulgaire sms en lui disant qu’elle est HS qu’elle ne vaut plus rien. Le soir de notre rupture pour l’achever j’irais dans un bar et je m’entourerais de toutes les catins que j’aurai pu trouver, un verre de Vodka à la main. Cela la rendrait complexée toute sa vie, mais je serais déjà passé à autre chose. Je serais un mauvais garçon, un imbécile qui ferait souffrir les filles: je serais un garçon .
- Musique, mon âme-soeur - Catégorie essai - Lu 127 fois - Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)
« Musique, ma seule amie. Viens ma mélodie, approche. » Herman colla le vieux poste contre sa poitrine. Le son de qualité médiocre et les battements du cœur du jeune homme avaient l’air de résonner à l’unisson. La machine semblait murmurer des mots que seul l’homme empli de solitude pouvait comprendre. L’appartement était vide, la peinture des murs s’était écaillée avec le temps et n’avait été refaite. Seul demeurait Herman et le poste de radio, las allongé sur le parquet. On se demandait où il avait bien pu brancher les fils de l’appareil car aucunes prises n’étaient visibles. Y avait-il seulement une musique ? Le jeune homme, lui, l’entendait et il y répondait. « Do la si … Ré ré sol » l’entendait-on fredonné sur du Bach. Dans la journée, il agitait les mains virevoltant dans les airs, battant la mesure. Alors qu’à l’inverse, la nuit dans la pièce éclairée par le clair de lune on pouvait le voir calme sur des berceuses aux sonorités aigues. Bizarrement Herman n’avait jamais voulu joué d’un instrument. Il disait ne pas en avoir besoin et qu’en fait tout son être était fait de notes et de toutes les gammes existantes. « Réchauffe-moi, petit violon. Tu es mon feu et moi je suis ton bois à l‘agonie sous tes flammes que sont tes cordes. » A ces mots, son corps tout entier se mettait à trembler, à remuer dans tous les sens comme en quête de la chaleur promise… Parfois, quand par la grande vitre voilée de noire poussière on pouvait entrevoir la pluie tombée. On entendait Herman hurler, les yeux haineux contre le son agaçant au dehors. « Cesse, je te l’ordonne ! Perturbateur de ma vie. Tais-toi ! » Quand les gouttes tombaient depuis un moment après les menaces de l’homme, il semblait comme torturé. Rejoignant les deux bras en croix à ces épaules, il faisait le mort. Rampant jusqu’à la vitre, ses paroles devenaient maintenant suppliantes : « Je t’en pris, chaque clapotis produis par l’eau sont comme une carence d’un de mes organes vitaux. ». Enfin quand le ciel réapparaissait vêtu d’un arc-en-ciel, il se relevait la radio à la main, dansant d’un coin à l’autre de la pièce. « Merci, merci » criait-il, envoyant mille baisers à la vitre… D ‘où venait-il ? Comment survivait-il vraiment ? On ne le savait pas, ce dont on était sûr c’était que sans son poste, c’était comme si une partie de son corps ôtée le déguisait en la mort elle-même.
« Entre. » me dit-elle. Aurélie semblait avoir perdu la petite étincelle de gaité qui ne la quittait jamais. Les volets de sa chambre d’habitude grands ouverts étaient refermés, les longs rideaux blancs poussiéreux à cause de leur usage rare recouvraient entièrement les vitres. L’éclatante lumière blanche qui habillait la pièce avait été remplacée par un feu qui crépitait misérablement dans la cheminée… Alors que ce décor inhabituel rendait la chambre sombre et sinistre, il n’était rien comparé au lugubre visage fermé d’Aurélie. Ses trais si fins avaient laissé place à d’énormes cernes tandis que ses généreuses pommettes rosées étaient devenues tellement creuses qu’on pouvait apercevoir ses os en dessous de sa peau. Rompant ce silence mortuaire, je faisais craquer le parquet de mes petites bottines en cuir pour rejoindre ma meilleure amie sur le lit.
« Qu’il y a-t-il ? » lui murmurais-je à peine. Elle me sourit les yeux pétillants, cela me soulagea. Peut être était-ce une blague et que mille confettis éclateraient sous mes yeux ? Coupant net ma rêverie délirante, elle reprit un visage grave.
« Amélie, me dit-elle, cela fait un bon moment que nous nous connaissons en tant que très bonnes amies, n’est-ce pas ? » J’acquiesçai. Aurélie était l’amie que j’avais attendue longtemps mais qui un jour avait fini par arriver. C’était cette personne qui ne vous laisse pas indifférente, ce genre d’individu qui vous pimente votre quotidien. Sans savoir l’utilité de sa question, je lui fis signe de poursuivre.
« Lilie, tu as dû remarquer que pendant ce dernier mois nous nous sommes légèrement moins côtoyées. Sache que je ne t’ai pas délaissée pour autant, au contraire j’ai même enquêté sur nos racines. » A ces mots je laissais échapper un nerveux gloussement. Où voulait-elle en venir?
« Je viens de découvrir que nous sommes sœurs ! » lâcha-t-elle. Puis elle me déposa sur mes genoux un petit papier où était griffonné un arbre généalogique. Incroyable mais vrai ! Dans mon sang coulait celui d’Aurélie et vice versa. Sans m’en rendre compte les larmes m’étaient venues et roulaient sur mes joues. Aurélie, mon amie, ma sœur me tendit un mouchoir. Je la serrai dans mes bras; pendant un instant j’avais cru que son père Jean avait encore été pris d’une attaque et que cette fois ci, elle avait été fatale. Mais Jean, d’après la feuille qu’elle venait de me donner, était donc mon père. Au plus profond de moi, j’avais toujours eu conscience d’un étrange lien qui nous unissait lui et moi.
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