« Entre. » me dit-elle. Aurélie semblait avoir perdu la petite étincelle de gaité qui ne la quittait jamais. Les volets de sa chambre d’habitude grands ouverts étaient refermés, les longs rideaux blancs poussiéreux à cause de leur usage rare recouvraient entièrement les vitres. L’éclatante lumière blanche qui habillait la pièce avait été remplacée par un feu qui crépitait misérablement dans la cheminée… Alors que ce décor inhabituel rendait la chambre sombre et sinistre, il n’était rien comparé au lugubre visage fermé d’Aurélie. Ses trais si fins avaient laissé place à d’énormes cernes tandis que ses généreuses pommettes rosées étaient devenues tellement creuses qu’on pouvait apercevoir ses os en dessous de sa peau. Rompant ce silence mortuaire, je faisais craquer le parquet de mes petites bottines en cuir pour rejoindre ma meilleure amie sur le lit.
« Qu’il y a-t-il ? » lui murmurais-je à peine. Elle me sourit les yeux pétillants, cela me soulagea. Peut être était-ce une blague et que mille confettis éclateraient sous mes yeux ? Coupant net ma rêverie délirante, elle reprit un visage grave.
« Amélie, me dit-elle, cela fait un bon moment que nous nous connaissons en tant que très bonnes amies, n’est-ce pas ? » J’acquiesçai. Aurélie était l’amie que j’avais attendue longtemps mais qui un jour avait fini par arriver. C’était cette personne qui ne vous laisse pas indifférente, ce genre d’individu qui vous pimente votre quotidien. Sans savoir l’utilité de sa question, je lui fis signe de poursuivre.
« Lilie, tu as dû remarquer que pendant ce dernier mois nous nous sommes légèrement moins côtoyées. Sache que je ne t’ai pas délaissée pour autant, au contraire j’ai même enquêté sur nos racines. » A ces mots je laissais échapper un nerveux gloussement. Où voulait-elle en venir?
« Je viens de découvrir que nous sommes sœurs ! » lâcha-t-elle. Puis elle me déposa sur mes genoux un petit papier où était griffonné un arbre généalogique. Incroyable mais vrai ! Dans mon sang coulait celui d’Aurélie et vice versa. Sans m’en rendre compte les larmes m’étaient venues et roulaient sur mes joues. Aurélie, mon amie, ma sœur me tendit un mouchoir. Je la serrai dans mes bras; pendant un instant j’avais cru que son père Jean avait encore été pris d’une attaque et que cette fois ci, elle avait été fatale. Mais Jean, d’après la feuille qu’elle venait de me donner, était donc mon père. Au plus profond de moi, j’avais toujours eu conscience d’un étrange lien qui nous unissait lui et moi.
Alors qu'en pensez vous ? Critiquez à votre guise ;)
Le 22/02/2010 à 14:15:19 par :
Gaetane - Découvrez aussi -
DAYMARE - écrit par le même auteur
Vous devez être inscrit sur ecrivain en herbe pour pouvoir voter une nouvelle ! S'inscrire sur ecrivain en herbe ?Moyenne des votes
: 0.00 (Nombre de vote :
0)
Commentaires (0)
Vous devez être identifié pour poster un message.
Il n'y a aucun commentaire sur cette nouvelle pour le moment