Accueil Actualités Articles Concours (0 ouvert) FAQ Forum
Ecrivain en herbe c'est : 329 Membres - 1444 Commentaires - 634 Nouvelles - 10 connecté(s)
Rechercher sur le site : Recherche avancée

Musique, mon âme-soeur - Genre : essai - Lue(s) 100 fois - Ajouter à mes favoris

« Musique, ma seule amie. Viens ma mélodie, approche. » Herman colla le vieux poste contre sa poitrine. Le son de qualité médiocre et les battements du cœur du jeune homme avaient l’air de résonner à l’unisson. La machine semblait murmurer des mots que seul l’homme empli de solitude pouvait comprendre. L’appartement était vide, la peinture des murs s’était écaillée avec le temps et n’avait été refaite. Seul demeurait Herman et le poste de radio, las allongé sur le parquet. On se demandait où il avait bien pu brancher les fils de l’appareil car aucunes prises n’étaient visibles. Y avait-il seulement une musique ? Le jeune homme, lui, l’entendait et il y répondait. « Do la si … Ré ré sol » l’entendait-on fredonné sur du Bach. Dans la journée, il agitait les mains virevoltant dans les airs, battant la mesure. Alors qu’à l’inverse, la nuit dans la pièce éclairée par le clair de lune on pouvait le voir calme sur des berceuses aux sonorités aigues. Bizarrement Herman n’avait jamais voulu joué d’un instrument. Il disait ne pas en avoir besoin et qu’en fait tout son être était fait de notes et de toutes les gammes existantes. « Réchauffe-moi, petit violon. Tu es mon feu et moi je suis ton bois à l‘agonie sous tes flammes que sont tes cordes. » A ces mots, son corps tout entier se mettait à trembler, à remuer dans tous les sens comme en quête de la chaleur promise… Parfois, quand par la grande vitre voilée de noire poussière on pouvait entrevoir la pluie tombée. On entendait Herman hurler, les yeux haineux contre le son agaçant au dehors. « Cesse, je te l’ordonne ! Perturbateur de ma vie. Tais-toi ! » Quand les gouttes tombaient depuis un moment après les menaces de l’homme, il semblait comme torturé. Rejoignant les deux bras en croix à ces épaules, il faisait le mort. Rampant jusqu’à la vitre, ses paroles devenaient maintenant suppliantes : « Je t’en pris, chaque clapotis produis par l’eau sont comme une carence d’un de mes organes vitaux. ». Enfin quand le ciel réapparaissait vêtu d’un arc-en-ciel, il se relevait la radio à la main, dansant d’un coin à l’autre de la pièce. « Merci, merci » criait-il, envoyant mille baisers à la vitre… D ‘où venait-il ? Comment survivait-il vraiment ? On ne le savait pas, ce dont on était sûr c’était que sans son poste, c’était comme si une partie de son corps ôtée le déguisait en la mort elle-même.
Le 01/02/2010 à 19:40:20 par : Gaetane - Découvrez aussi - Aurélie, mon amie, ma soeur... - écrit par le même auteur

Vous devez être inscrit sur ecrivain en herbe pour pouvoir voter une nouvelle ! S'inscrire sur ecrivain en herbe ?

Moyenne des votes : 0.00 (Nombre de vote : 0)

Commentaires (0)
Vous devez être identifié pour poster un message.

Il n'y a aucun commentaire sur cette nouvelle pour le moment