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Encas. - Genre : sentimentale - Lue(s) 196 fois - Ajouter à mes favoris

- Je ne suis pas prête à porter le smoking rouge.
Tu ne m’auras pas aussi facilement. Sous prétexte que tu veux passer le restant de ta vie dans mon lit et pénétrer mon vagin jusqu’à l’ennui, tu me promets la bague et le DJ. Je n’en veux pas. Pas plus que tes sales pieds sur mon oreiller. Tu me rends folle, au bord de l’hystérie au point de vouloir en finir. N’importe comment, hier encore, j’ai mis ma tête dans une poche plastique, jusqu’à l’asphyxie. J’ai pas tenu longtemps, juste suffisamment pour prendre conscience que mourir pour toi, c’est n’importe quoi. Une poche plastique, sur ma tête. Je devais être bien belle, mais au détour de mon miroir, je ne suis pas trouvée moche. Rien voir, c’est délirant, tout est brouillé, çà sent l’œuf pourri pas bien décongelé. Je me suis trouvée jolie mais ridicule. On ne meurt pas asphyxier dans une poche plastique et puis, lorsque les gens auraient appris ma mort, ils n’auraient retenu que ma démence, Clémence.
- Morte, bâillonner.
Cà, çà ne va pas. Demain, je me tuerai différemment, je sauterais de mon appartement. Il est au rez-de-chaussée. Je ferais plus de casse, inévitablement. N’espère pas avoir un seul bout de moi, mon corps servira pour de nobles causes, je le dédie à l’endroit qui me ressemble le plus, qui m’est le plus approprié, les toilettes. Je suis ce ramassis pourri et au moins, tu me laisseras vivre en paix. Vivre dans ma mort. Je serais libre, heureuse et morte. Ca sera magique, tu verras. Jettes mon poumon droit et tire la chasse, je te prie. Le reste, file le à Rex, il a toujours soif ce gros matou.
Je n’ai pas le cran de te dire que je ne t’aime plus, ou pas. Pas, parce que je n’ai jamais rien ressenti au niveau du cœur. Dans ma culotte, c’est tout autre chose, je dois faire fonctionner la machine avant qu’elle ne se rouille, tu n’es pour moi qu’un sandwich que j’avale, sans même te déguster. Un encas. Voila, aujourd’hui, tu n’as plus de prénom, tu es juste cet encas. L’encas numéro 6, depuis que je suis capable de faire l’amour sans aimer. Mais, faire l’amour quand même parce que je suis une femme et que je me respecte.
Encas, tu es là et tu ne sens pas comme je te fuis. Quand tu rentres dans le séjour, je file dans le placard à balai et quand tu m’attends derrière la porte, çà me met dans une colère telle que je me griffe les pieds. C’est complètement fou. Tu es complètement fou de passer autant de secondes à me torturer. Va t’en. Même les waters ne suffisent plus à me séparer de toi. Je me fou la tête dans le cabinet après avoir pissé. Je suis bien. Je me sens vivante quand je n’arrive plus à respirer. Je prends l’air et j’y retourne. J’ai besoin que tu me laisses en paix, Encas. Que tu prennes tes sales manières, ta manie de toujours vérifier que tout est bien fermé et que tu te tires. J’ai besoin que tu me quittes, Encas. C’est une question de vie parce que la mort, je vais me la donner. Je compte jusqu’à dix. Et, à huit, quand j’ouvrirais les cuisses, tu seras parti. Jure le moi, mais je t’en prie, ne me crache pas sur le mollet droit pour me le prouver. Pas comme la dernière fois. Change au moins de côté ou jure sur la tête de ton pied droit. Lui aussi, il peut bien pourrir que j’arrêterais pas d’ouvrir le frigo pour attraper les pommes de terre.
Un
Trois
Deux
Quatre
Six
Cinq
Dix
Et
Huit.
J’ouvre les orteils. Mes pieds n’en croient pas leurs pédoncules. C’est un soulagement, je suis prête à pleurer, mais mes ongles n’y arrivent pas. Tu es bien parti, enfin. Tu es vautré sur le canapé, dos à mes fesses. J’arrive à t’oublier maintenant que tu es loin de moi. Je ne te sens déjà plus, tu es à l’autre bout du monde, de l’Univers et de l’astre solaire. Tu me crois peut-être folle, je le sens mais je m’en fiche pas mal. Je ne suis pas du genre à me soucier de mon apparence, même si demain, je sortirai avec la poubelle sur la tête, qui me rendra bien plus belle. Maintenant que je n’ai plus besoin de mourir, je peux défaire le nœud et enlever la corde de mon lit baldaquin. Promis, je ne mangerais plus aucune page, d’aucun livre.
Je me suis habillée et en allant me coucher, ton odeur m’a fouetté les oreilles.
Maintenant que tu n’es plus là.
Je vais pouvoir marcher et
Pleurer.
Ou faire les deux simultanément.
Ou pleurer d’abord.
Et marcher, après.
Encas, tu me rends folle, tu es comme cette sécrétion nasale visqueuse quand je me mouche. Tu me dégoulines sur les dents et tu es aussi gluant qu’un verre de terre amoureux d’un élastique de culotte, mal fagoté.
- & même à l’autre bout du canapé, je suis encore amoureuse de toi.





Le 24/10/2009 à 22:09:31 par : Audrina

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Posté le 26/10/2009 à 22:38:56 par theptitelolo


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J'ai lu dans cette seule nouvelle du mariage , du 'sexe' , des sentiments , de la dépression et du dégout , en si peu de mot et bien je t'assure qu'a la première lecture c'est un vrai casse tete.

Peut étre que d'autres comprendront mieux que moi ;-) je te le souhaite ^^


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Posté le 27/10/2009 à 10:25:02 par Audrina


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J'écrivais plus sur la folie des sentiments, des mots &de la vision des choses.
Dnas cette nouvelle, il n'y a pas grand chose à comprendre parce que je joue avec les mots pour qu'ils n'aient le plus les même valeurs, la même signification.

Mais, c'est une bonne chose d'entendre tout çà. Merci :)


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Posté le 27/10/2009 à 16:11:14 par theptitelolo


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C'est donc ce jeu sur le mot que je n'ai pas saisi , ton commentaire m'éclaire un peu , je tenterai a tête réposée de me relancer dans la lecture de ton texte ;-)


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Posté le 27/10/2009 à 21:01:27 par Yokodachi


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C'est assez violent, mais c'est ce qui fait la force de ce texte. Par contre, la fin est assez curieuse : la narratrice est amoureuse ou pas ?


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Posté le 27/10/2009 à 22:01:27 par Audrina


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Je suis amoureuse d'un garçon qui ne l'est plus.
&je choisis une fin comme celle-ci, parce que malgrè la folie, la séparation, la démence, l'amour existe encore.


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Posté le 27/10/2009 à 22:03:05 par Audrina


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&pour THEPTITELOLO, preds le temps. A tête reposée.
N'essaie pas de comprendre mais laisse toi bercer par les mots, &leurs non-signification ;)



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