«L'homme au courage de fer hissa la belle jeune fille sur son cheval noble. Et, dans un élan adroit, le chevalier emmena sa princesse, loin, très loin, jusqu'à la mer. On ne les revit jamais.
Fin.»
La fillette souffla bruyamment exprimant son mépris. Comme si la vie était aussi... parfaite ? Non, sûrement pas.
« Houna » appela son grand père de la cuisine.
C'était les vacances, celles d'été. Houna était alors âgée de neuf années.
Et la fillette à la chevelure de miel disparut dans le couloir, abandonnant la bibliothèque et ses écrits pesants pour...
« J'ai fait des crêpes. Choco ou sucre? » proposa le vieillard.
« Euh... Une choco et une au sucre s'il te plait papi Socrate» demanda Houna avec des yeux larmoyants, ce qui fit rire le vieil homme.
Qu'est-ce qu'elle l'appréciait son papi Socrate. La fillette séjournait toujours chez lui durant les vacances. Parce qu'avec les anecdotes de jeunesse du grand-père, la petite oubliait... Tout.
À vrai dire, ce n'était pas la joie à la maison, même pour une enfant de neuf ans.
(...)
« Comment elle était Mamie ? »
Le grand-père sourit.
Ils étaient deux, faces à une tombe fleurie. Pourquoi y a-t-il des fleurs sur la dalle des tombes ?
Honorer ses habitants et raviver le monotone des lieux.
Le grand-père Socrate raconta les douze bougies de sa fille, ou « maman » pour Houna. Le vieillard souriait de son sourire si précieux. La fillette, attentive, captait le moindre détail. Il est vrai que « papi » retraçait bien les histoires, c'est normal, il était journaliste, désormais retraité.
« Papi Socrate » se faisait vieux.
(...)
Houna scrutait l'immensité de l'horizon, sans raison propre. Elle traversait le champ jauni par le dernier rayon ardent du soleil. Non pas en courant comme à son habitude.
Enfin, c'était autrefois.
Dix ans, dix longues et pénibles années qu'elle n'avait pas revu la campagne de son enfance. Elle avait oublié le parfum floral des champs –rosis à l'été- et cette maisonnette, la chaumière de ses vacances. Houna n'était plus une fillette. La gamine d'antan avait belle et bien disparu, enfoui sous l'orgueil. Ses cheveux avaient gardé leur teinte miel et on se perdrait bien dans son regard.
Sinon, Houna était devenu très superficielle.
Ses parents avaient fini par se séparaient. La peine lui gonflait le cœur. Alors elle voulut tout recommencer du début. Abandonné sa famille, son grand-père Socrate s'il le faut.
Le bonheur nous fait courir à travers le vaste champ qu'est la vie.
Elle avait opté pour l'autonomie et l'internat. Elle ne voulait plus jamais les revoir, eux, ses parents. Elle s'est éloignée de chez elle pour ne plus jamais revenir sur ses pas.
Et « papi Socrate » ?
Son sourire s'est fait la belle au coin du champ. Son sourire a rejoint d'autres lèvres moins rêches.
Le pauvre en est mort.
(...)
La tombe était désormais abandonnée et la mauvaise herbe avait remplacé les roses. Houna sortit une cigarette pour la consumer, ici, fasse à lui.
« Papi »
Ses mots étaient sortis tout seul entre deux bouffés.
Elle ne pleurait pas, son maquillage ne coulera jamais, elle se l'était jurer.
Ses bons souvenirs lui revinrent en tête. Elle souriait. Le même sourire que son « papi Socrate »...
Mais après tout, il avait rejoint sa bien aimé de toujours, « mamie ».
« La mort doit être un beau voyage puisque personne n'en est jamais revenu »
Le grand-père répétait toujours ça à sa Houna, pour qu'elle ne soit pas triste pour la grand-mère.
Houna sourit à nouveau.
La jeune femme jeta le mégot de cigarette au loin. Et une autre vient la remplacer.
« Toi, t'es comme la vie, longue et dégueulasse » monologua Houna.
La cigarette ne répondit pas, alors elle se consuma.
« Et si je me retrouvais sous la dalle et la croix dans le dos ?»
La fille aux cheveux dorés s'entendit de tout son long au-devant de la tombe, au milieu du funeste lieu.
Il faisait déjà nuit, le sommeil l'avala.
(...)
Elle rêvait.
Elle rêvait de bonheur. Elle rêvait d'un amour éternel. Elle rêvait d'une belle famille. Elle rêvait d'enfant. Elle rêvait de journalisme. Elle rêvait de demain. Un rêve tumultueux comme la mer, un rêve hanté comme ce cimetière, un rêve doucereux comme ses souvenirs, un rêve vaporeux comme les nuages.
Son erreur était peut-être de rêver sa vie et de ne point la vivre comme un rêve.
Peut-être?
En attendant, Houna rêve.
Et demain ? Elle avisera.
Houna sait aviser.
Nouvelle modifiée le 14/10/2009 à 15:49:25
Commentaires (4)
Vous devez être identifié pour poster un message.
Posté le 19/07/2009 à 14:14:14 par Nuity
|
|
|
Et bien magnifique histoire, j'en ai même oublié de regarder si il y avait des erreurs, chapeau
Signaler un abus
|
|
|
|
|
Il y a pas mal d'erreurs, lorsque je me relis. Mais j'ose pas y toucher, j'ai écrit cette nouvelle quand j'ai commencé à vraiment m'intéresser à l'écriture. Merci tout de même.
Signaler un abus
|
|
|
|
|
Ta nouvelle n'est pas mal, mais un peu décousue : on a du mal à suivre le fil jusquà la fin.
Moi, je n'aurais pas employé l'expression "l'homme au courage de fer" car je ne trouve pas que cette expression ait sa place dans la phrase. J'aurais plutôt dit :
- "l'homme au coeur vaillant" ou
"l'homme au courage de lion" ou encore
"avec intrépidité, l'homme hissa la belle jeune fille sur son noble cheval (et j'aurais mis "noble" avant cheval, ainsi la phrase est plus jolie)
Ceci dit, il y a de très belles expressions dans ton texte, très poétiques : ses cheveux avaient gardé leur teinte de miel et on se perdait dans son regard ; un rêve tumultueux comme la mer,... un rêve vaporeux comme les nuages.
Tu as du potentiel. A toi de le développer.
Mais... fais aussi attention aux fautes d'orthographe ! cela gâche le plaisir de la lecture.
Signaler un abus
|
Posté le 09/12/2009 à 16:47:17 par IT
|
|
|
mis à part les défauts déjà cités, excellent.
L'histoire se lit bien, et l'on parviens facilement à suivre le court des événements.
"Toi,t'es comme la vie, longue et dégueulasse" Parfait comme proverbe, je n'aurais pas dit mieu.
Une fin triste avec une note de mystère, drôle de mélange, mais surprenant.
Signaler un abus
|