Je me faufilais rapidement au fond de la tranchée boueuse tandis que des bruits assourdissants retentissaient autour de moi. La boue me collait aux pieds, ralentissant ma progression. Je cherchais à rejoindre une crevasse pour me protéger un peu mieux, en attendant que les bombardements se calment. Autour de moi, certains hommes, toujours vivants, se tarissaient du mieux qu'ils le pouvaient. Je me sentais devenir plus lourd tandis que la pluie me trempait jusqu'aux os mais le creux dans le mur se rapprochait. Je continuais d'avancer sous un ciel zébré d'éclair, qui rendait l'atmosphère d'autant plus effrayante.
Soudain, le sol trembla avec force. Des morceaux de terre détachés des parois, tombèrent sur tous les occupants de la tranchée. Le bruit énorme qui s'ensuivit, me vrilla les tympans violemment. Quelques personnes crièrent. J'imaginais qu'un obus venait d'atterrir non loin d'ici, vers l'autre bout du fossé. Les tirs des ennemis se précisaient et atteignaient leur cible plus fréquemment…
Je parvins enfin à mon objectif. Je me glissais contre le mur pour rester tapi jusqu'à ce que la pluie et les bombardements cessent. En effet, je déteste le bruit, le froid, être mouillé a en attraper une pneumonie. Autrement dit, tout était réuni pour me plaire, ici, songeais-je ironiquement. Au fil de mes pensées, je tremblais à la fois de froid et peur. Toutefois, je ne voulais pas rester sans rien faire. En attendant, je tentai de gratter, taper, creuser la terre pour rejoindre une galerie voisine où des amis de mon groupe se dissimulaient. Le temps passait, je crois qu’une demi-heure s’écoula, mais en vain…Je devais me trouver bien plus loin que je ne le croyais.
Cependant, déranger un peu de boue se révéla un avantage, puisque je pouvais m'aplatir complètement contre la paroi. La terre me recouvrant à moitié, me cachait de loin. Il ne me restait plus qu’à attendre en dormant que la paix ne revienne. Je fermais les yeux pour laisser le sommeil prendre le dessus…
Quelques heures plus tard, je clignai de l’œil droit car je voyais trouble. De la boue collée au front avait glissée jusque dans mes cils. Je pouvais à présent contempler le lever du jour d’un ciel presque clair. Les bombardiers étaient finalement rentrés chez eux. Je me risquai enfin à sortir. Je voulais me déplacer afin de retrouver les miens.
Mes membres toujours engourdis, je cherchai la bonne direction qui me permettrait de quitter cette maudite tranchée. A mesure de mon avancement, je me rendis compte que le nombre de survivants était minime. Ceux qui bougeaient encore, étaient tous sales, souvent ensanglantés. Quand à l’allure des cadavres, absolument repoussants ! Apres ces réflexions, je songeais à ma propre apparence physique. Mon uniforme gris de tous les jours ne devait guère paraître soigné. Peu importe, je devais sortir d’ici.
J’errai au milieu de ces hommes fatigués ne sachant comment retrouver ma galerie. La faim se faisait sentir, devenant peu à peu intenable. Mon ventre vide depuis une journée entière criait famine. Je reniflai autour de moi dans l’espoir de sentir quelque chose de comestible. Je ne distinguai malheureusement rien autour de moi. Je poursuivis donc mon chemin vers une extrémité de la tranchée. Les survivants et même les morts se raréfiaient.
Et là, j’aperçu un morceau de pain qui dépassait de la poche d’un décédé ! Je m’approchai doucement, à petit pas. Je sais bien qu’il ne faut pas voler les morts, mais il n’a plus besoin de se nourrir. De toute façon, qui a des scrupules parmi nous en ce moment ?
J’observai les alentours une dernière fois avant d’oser m’élancer. Rien ne bougeait. Je pris mon élan et me précipitai sur le bien pour m’en emparer le plus vite possible. J’en grignotai une partie qui parut délicieuse malgré les quelques gouttes de sang dessus. Je me dis que je devrai le partager, j’essayai donc de le sortir de la poche. Ma méthode s’avérait un peu bruyante mais je ne pouvais pas faire mieux. Seulement…
Aïe ! Je sentis tout à coup qu’on me serrait le ventre avec force. Un bout de griffe s’arracha tandis que je tentai de me défendre. On me ceintura plus fort et je sentis du sang s’écouler sur mon pelage.
Un homme m’avait repéré. Il m’avait attrapé avant que je ne puisse m’échapper avec le bout de pain. J’avais enfin mangé mais la nourriture se faisait rare. Je devinais comment ma petite vie de rat allait se terminer dans quelques instants…
Commentaires (1)
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C'est très agréable à lire ;-), ton vocabulaire est très recherché et parfaitement adapté au thème ^^
La répétition des "je" est un peu gênante , elle hache le texte en plein de petites phrases , et non en une histoire.
De plus le "soudain" et "quelques heures plus tard" sonnent mal , ça fait énormément cliché , soudain = élément perturbateur et quelques heures = péripéties qui continuent . Ces deux expressions coupent le texte je trouve
Mais hormis le ryhtme , ta nouvelle est prenante par sa réalité et son vocabulaire, la fin nous donne une sorte de morale c'est intéressant
J'ai hate de te relire dans la catégorie historique ;-)
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